Pourquoi ce blog?

Au sein de notre académie d'arts de combat "ADAPTAC PARIS 13", un petit travail personnel est demandé aux élèves présentant un grade (uniquement à partir de la ceinture jaune, nous "épargnons" les nouveaux arrivants pour un an!) , il s'agit de produire une réflexion personnelle sur un sujet ayant trait aux arts de combat de manière plus ou moins connexes que se soit sur des aspects culturels, éthiques, techniques, sportifs... Cette démarche est très proche de la philosophie mais l'élève est guidé à chaque étape : du choix du sujet au brainstorming en passant par la construction d'un plan ou la rédaction... Il s'agit surtout d'une démarche maïeutique visant à guider l'élève sur ses propres réflexions intérieures tout en produisant un "petit" texte dont il pourra être fier dans quelques années surtout si il réussit à intéresser ses camarades de DOJO. Ainsi cet exercice présente 3 objectifs : éveiller la curiosité des autres élèves du club, se cultiver sur un sujet qui tient à l'élève, s'interroger sur sa pratique et sur le sens que l'on souhaite lui donner.

Ce blog ne saurait engager le club et malgré la vigilance des professeurs pour contrôler, encadrer les propos tenus... si certains textes vous dérangent n'hésitez pas à contacter les professeurs qui pourront alors étudier la question. Enfin, si vous souhaitez des recommandations de lectures pour compléter la lecture d'un des articles où en vue de rédiger un article vous-même, n’hésitez pas à consulter ce blog... et si vous souhaitez consulter les productions du directeur technique du club, c'est ici!

vendredi 28 juin 2019

Le RITSU REI, un simple héritage traditionnel ou une vraie utilité dans la pratique des Arts martiaux ?


L'espèce humaine fait partie des espèces communautaires. A ce titre chaque individu ne peut pas faire tout le temps ce qu'il veut, il doit respecter une certaine "hiérarchie" ou du moins certaines normes. Dans toute civilisations, il faut se conformer à une certaine manière d’être dans certaines circonstances. Elle permet, de nos jours, de montrer, entre autres, son respect pour quelqu’un, son attachement ou bien ses condoléances et permet aussi un certain maintien de l'ordre et évite une certaine anarchie. Plus largement, cela permet d’adapter son comportement à des situations de façon à ce que cela soit compris par les autres.

1 - LE SALUT, UN PRINCIPE IMPORTANT DE LA VIE EN COMMUNAUTÉ


Tout d’abord, le salut c’est quoi ?

Le mot « salut » peut avoir plusieurs sens, mais dans une majorité de cas il est rattaché à une notion de respect et/ou de bienveillance. Le salut est plutôt vu comme quelque chose de positif en règle générale. Ce salut fait parti des « normes de civilité » les plus importante et  souvent enseigné avec une attention toutes particulière. Par exemple, des parents qui insistent pour que leurs enfants disent « Bonjour au Monsieur », les élèves qui apprennent à saluer le corps enseignant de manière moins familière que leur entourage familial ou bien l’apprentissage du salut militaire lors de l’entrée dans l’armé. Le salut a une forte représentation et c’est aussi pour cela qu’il faut savoir le pratiquer correctement assez rapidement. Cependant bien qu’il représente, de nos jours, plutôt un simple outil de présentation de respect il n’en n’a pas toujours été le cas. Un certain nombre de forme de salut avait une autre utilité, cas ces rituel social on été conçu à la base plutôt pour de la protection. Et je vous propose d’en survoler certain.

Tout d’abord, assez connu, le fait de trinquer, qui, a mon sens, est une sorte de salut avant de partager une collation. De nos jours il s’agit  juste d’une manière de fêter un événement (qui peut très bien être le fait de simplement boire un coup entre amis). Mais au début cette pratique été un bon moyen de se prémunir contre le poison. Mélanger les chopes en les tapant les unes contre les autres permettait le mélange des boissons et, de ce fait, du potentiel poison. Il y a une grande chance que cela  en ait découragé plus d’un !

Un autre type de salut serait la simple poignée de main qui semble anodine au première abord mais qui, grâce à son mouvement de haut en bas, plus ou moins puissant, pouvait permettre de vérifier qu’une lame ne se cachait pas dans la manche de l’interlocuteur. De plus, étant donné qu’il existe plus de droitier que de gaucher, agripper la main principale de quelqu’un lui laissait moins d’opportunité de manier une arme correctement.
De même pour l'accolade dans certain milieux qui n’est autre qu’une fouille au corps très rapide de l'autre.

Le salut japonais « OJIGI» (qui ressemble au salut debout de karaté : le RITSU REI) ne déroge bien évidement pas à la règle. De plus, ce type de salut est extrêmement codifié. Il permet de transmettre le respect que l'on souhaite à l'interlocuteur. A l’inverse de la poignée de main qui est effectué de la même manière sans tenir compte de l’interlocuteur, le « OJIGI» est variable en fonction du respect que l’on accorde à l’autre ou bien en fonction de la hiérarchie de la personne par rapport à la notre. Selon le degré d’inclinaison, il est possible de répartir les saluts en trois catégories : informels, formels et très formels.



Ce salut « OJIGI» n’est pas seulement utilisé pour dire « bonjour » il est aussi important lors d’une demande de service, d’un remerciement ou bien lors d’excuse. Pour le cas des excuses, on estime que l’inclinaison fait pas la personne représente son degré de sincérité, à cela vient se rajouter le nombre de répétition de l’inclinaison. Il est coutume lors d’excuse sincère de ne jamais s’arrêter de s’incliner durant tout le temps des excuses.
A l’inverse des autres « Salut » celui-ci ne permettait pas de se protéger mais plutôt de montré à son interlocuteur sa non-agressivité en lui présentant une partie du corps fragile qui est la nuque.

Toutes ces salut on un point en commun. Chaque rituel à un sens. Si la personne n’est pas à ce qu’elle fait,  cela ne sert à rien. Comme elles permettent la démonstration de son intérêt pour une situation, si la personne qui l’effectué ne se sens pas concerner par la chose, cela na pas d’intérêt et pourrait se faire ressentir pas l’interlocuteur. Pour une poignée de main, il faut un geste ferme, de même que pour le « OJIGI», si l’inclinaison n’est pas suffisante il se peut que l’interlocuteur se sente « insulté ».


2 - LE SALUT DANS LE KARATE

« Karatedo wa rei ni hajimari, rei ni owaru koto wo wasuru na »

« N’oubliez pas que le karaté commence et s’achève par le salut » Kun n°1 - Maitre GISHIN FUNAKOSHI

Ce rituel de salut est aussi présent dans les arts de combat. Par exemple un rituel qui peut être assimilé à un salut, serai les boxeurs qui se tape dans les gants avant le combat. Ceci, normalement, en signe de respect avant le combat. Mais le rituel qui nous intéresse maintenant est le salut debout. Ce salut qui se nomme le RITSU REI, qui signifie basiquement « salut debout ». Le RITSU REI à une très grande ressemblance avec le salut traditionnel Japonais « OJIGI». Cependant il y a aussi un côté militaire en plus qui viendrait probablement du salut prussien. Pour la petite parenthèse, le salut traditionnel japonais est plutôt le salut qui s’effectue au sol en position de SEIZA. 

Durant les cours de karaté il est enseigné à quel moment s’effectue le RITSU REI et sous quelle forme. Ce salut est effectué en plus du salut en SEIZA lors du début et fin de cours. Il est aussi employé pour commencer ou terminer un exercice à deux, à plusieurs ou même seul sous forme de KATA. Lors de la sortie ou l’entrée sur le TATAMIi il est enseigné de faire un RITSU REI. Bref, le salut que l’on nous enseigne peut avoir différents objectifs. Mais ce salut a-t-il vraiment une utilité ou est t-il juste là pour faire joli ?

Selon moi,  « ça dépend ». Cela dépend de ce que l’on perçoit personnellement du salut. Les saluts pourraient être là uniquement pour cadrer un cours de karaté comme des check-points à chaque fin d’exercice. Un peu comme les « STOP » en morse, ils sont utiles pour avancer dans le message mais ils ne transmettent pas de message particulièrement.

J’aurai tendance à penser plutôt que, comme pour tous les autres rituels de salut, il est fait pour présenter son respect. Soit pour les enseignants au début du cours ou à la fin du travail en groupe avec eux. Soit à son partenaire de travail lors des exercices à deux. Ou bien encore lors de l’entrée sur le Tatami pour le respect du lieu d’entrainement. Le salut pourrai aussi permettrait de se mettre en condition, de se mettre dans l’optique « Karaté », ce qui est dehors reste dehors le temps du cours. Il pourrait aussi permettre de se concentrer sur un objectif qui est faire correctement l’exercice.

A mon sens, un RITSU REI fait sans conviction n’est pas vraiment utile. Si nous ne sommes pas vraiment à ce que nous faisons, cela veux peut être dire qu’il n’est pas utile de le faire. Le salut en entrée du tatami est surtout personnel, personne ne surveille, peut être n’est on pas obligé d’effectuer ce rituel. Bien entendu, ne pas faire de RITSU REI devant un partenaire qui s’exécute pourrai être mal pris et entraîner quelques ennuis s’il s’agit de l’enseignant. Mais peut être que certains élèves trouvent plus d’intérêt aux Burpees qu’au salut.

CONCLUSION

En conclusion, les rituels de société sont importants dans certaines circonstances mais leur impact vient en grande partie de l'implication personnelle qui est investi dans le processus. Une salutation sans conviction pourrait potentiellement être mal pris et n’avoir, de ce fait aucune utilité. Il en est de même pour le RITSU REI, il s’agit bel est bien d’un héritage traditionnel. Mais s’il est effectué avec conviction est dans le bon état d’esprit, il peut aider à se plonger dans les exercices et à ce concentrer durant le cours. Il peut permettrait de représenté la frontière entre « ce qui se passe dehors » et les activités au sein du Dojo. Le RITSU REI peut avoir différentes utilités, ou non. Mais pour ma part, il permet de me concentrer sur le cours de karaté et de montrer mon respect aux enseignants, aux camarade et à la formation en elle même, Chacun ça manière d'entrevoir son salut, je vous laisse libre de trouver la votre.

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Auteur : David VILAJOSANA
Grade Présenté : Ceinture Orange
Publication : Juin 2018
Supervision  : Sébastien GIANNANDREA


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