La respiration a toujours été un élément important dans ma vie : j’ai souffert d’une bronchiolite à quelques mois et fait de l’asthme infantile jusqu’à l’adolescence, qui se manifestait par des crises (exacerbation de l’asthme) nécessitant parfois une hospitalisation. Je suivais un traitement journalier et j’avais l’habitude de mesurer ma capacité pulmonaire régulièrement. Je pratiquais également des exercices respiratoires seul ou avec un kinésithérapeute de temps en temps. Les crises se sont atténuées en grandissant jusqu’à disparaître complètement....
INTRODUCTION
La respiration a toujours été un élément important dans ma vie : j’ai souffert d’une bronchiolite à quelques mois et fait de l’asthme infantile jusqu'à l’adolescence, qui se manifestait par des crises (exacerbation de l’asthme) nécessitant parfois une hospitalisation. Je suivais un traitement journalier et j’avais l’habitude de mesurer ma capacité pulmonaire régulièrement. Je pratiquais également des exercices respiratoires seul ou avec un kinésithérapeute de temps en temps. Les crises se sont atténuées en grandissant jusqu'à disparaître complètement....
Je reste cependant particulièrement sensible (psychologiquement plus que physiquement je pense) à tous les facteurs qui favorisaient mes difficultés respiratoires : pollution de l’air (ozone), tabac, pollens de certaines plantes, acariens…
Par exemple, en vélo dans Paris je modifie ma façon de respirer lorsque je ressens une forte pollution localement (quand un véhicule très polluant me dépasse) : au lieu de respirations profondes avec des cadences moyennes, j’accélère le rythme respiratoire avec de plus petites inspirations par la bouche. (ce qui n’est sans doute pas la meilleure solution, je privilégie le confort olfactif à l’efficacité respiratoire)
D’autres expériences en lien avec la respiration m’ont marqué :
- l’expérience du souffle coupé :
À l’adolescence j’ai pris conscience de la vitalité de la respiration lorsque j’ai un jour eu le souffle coupé (sans doute moins d’une minute mais le temps paraît très long à ce moment-là) après être tombé sur le dos. Avoir l’impression de mourir fait paniquer et accentue la difficulté respiratoire.
→ il faut se calmer.
- L'altitude 3000m :
Lorsque je fais de la randonnée, je ressens un manque d’oxygène dans mon cerveau au-dessus de 3000m.
→ je suis obligé d’adapter ma respiration et l’intensité de mon effort.
- les stress :
Lorsque je subis un stress, je me concentre sur ma respiration pour revenir à un état normal : je respire profondément et calmement. Pour ma part j’applique ça lorsque j’ai le vertige, quand j’ai froid, quand je passe un examen…
- le sport :
Dans la plupart des sports que j’ai pratiqué, la respiration était essentielle et différente selon l’effort.
→ différents rythmes de respiration selon le type d’effort : endurance, « sprint »...
- la musique :
Pratiquant le violon depuis petit, j’ai appris que la respiration faisait partie intégrante de la musique (même si l’on ne joue pas d’un instrument à vent !), notamment en orchestre et plus récemment en chœur, où chacun doit respirer « avec les autres.»
Actuellement, c’est principalement par ma pratique des arts martiaux et de la musique que j’explore ma respiration. Je vais donc me concentrer sur ces deux disciplines pour appréhender la respiration : quelles expériences m’ont-elles apporté sur ce sujet, y a-t-il des similarités ou des différences entre les arts martiaux et la musique ?
« Le vrai homme respire de ses talons, alors que les gens du commun respirent de leur gorge » (Tchouang Tseu)
→ il faut respirer avec l’ensemble du corps, de la tête au pied :
avoir une bonne posture, utiliser les différentes respirations, en adéquation
avec les mouvements.
1) La place de la respiration en musique / arts martiaux
Tout musicien a déjà abordé la respiration dans sa pratique : que ce soit pour la performance artistique (par exemple, pour jouer la première note d’un morceau, il est plus facile d’inspirer avant, et en ensemble cela devient indispensable) ou pour la performance physique. (on s’essouffle si on ne respire pas correctement pendant un concert)
Dans l’apprentissage des instruments à vent et du chant, la respiration est encore plus importante puisqu'elle permet de produire directement le son. Il faut donc savoir la contrôler finement (rappelez-vous vos cours de flûte à bec au collège, il fallait une respiration assurée afin d’obtenir un son homogène mais souffler trop fort était un supplice !). La pratique d’un instrument à vent est donc conseillée pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires, ce qui paraît paradoxal à première vue. En sport également, il existe des champions de natation ou d’arts martiaux asthmatiques. Ces disciplines demandant une respiration exigeante ne sont pas des freins mais au contraire d’excellents moyens d’améliorer sa respiration.
Toutefois, les méthodes d’apprentissage semblent varier : en chant certains professeurs (dit de l’école classique) considèrent la maîtrise des techniques respiratoires comme indispensable et comme un préalable à la production d’un son. L’accent est souvent mis sur la respiration abdominale (« respirer avec le ventre) car elle permet de mieux contrôler sa voix et d’augmenter son volume d’air.
Mais les chanteurs se servent également de la respiration thoracique et de la respiration claviculaire. Des études (« Bringing breathing science into the voice studio », Dr. Sally Collyer) menées sur des chanteurs professionnels (de musique classique) font apparaître de nombreuses différences dans la manière de respirer, comme si malgré une formation musicale sans doute proche, chaque chanteur avait naturellement adapté l’utilisation des différentes respirations.
Aussi certains professeurs abandonnent l’apprentissage des techniques respiratoires au profit de l’apprentissage naturel de sa respiration par la pratique du chant.
Je pense qu’il est important de prendre conscience des différentes respirations (ventrale, thoracique, claviculaire) sans pour autant exiger que tout le monde respire exactement pareil, car même si les bases de la respiration sont communes, chacun est un peu différent et optimise sa respiration à sa manière.
Dans les arts martiaux on retrouve également des importances différentes accordées à la respiration : les KATA permettent par exemple de travailler sa respiration. Une grande partie des écoles/styles ont des KATA dédiés à la respiration (KATSU NO KATA) comme « SANCHIN » ou « SEISHAN », « TENSHO » que l’on retrouve dans de nombreux styles. Certains styles en font même leur spécialité comme le GOJU RYU ou le UECHI RYU avec des KATA comme SEIYUNCHIN, KURURUNFA, SUPARIMPEI, SAIFA, SEPAI, SHISOCHIN, SANSEIRU, … En YOGA également, mouvement et respiration sont toujours associés.
Enfin les efforts physiques intenses demandés par les arts martiaux requièrent une alimentation des muscles performante : la consommation d’oxygène doit être optimisée si on ne veut pas s’essouffler trop rapidement ce qui implique une respiration en adéquation avec les mouvements du corps. Les muscles de la respiration ne doivent pas gêner la contraction des autres muscles, ni induire des contractions inutiles. (mouvements parasites)
Que ce soit en musique ou en arts martiaux, avoir une respiration adaptée à sa pratique est donc essentiel. Les connaissances de base nécessaires au contrôle de sa respiration permettent à chacun d’optimiser sa manière de respirer.
2) Mes expériences de la respiration
Mes plus anciens souvenirs de la respiration en musique remontent à mes débuts au violon : le contrôle de ma respiration m’aidait en effet à détendre mes mains qui étaient souvent trop crispées.
La posture est également importante en violon comme chant. Être droit aide en effet à projeter sa voix loin car en facilitant la respiration, on reste détendu tout en étant bien ancré au sol. Sur ce point la pratique des arts martiaux m’aide à conserver une bonne posture.
Mon expérience en chœur m’a permis de faciliter mon chant par des conseils liés à la respiration. Il faut par exemple toujours privilégier des inspirations longues même avant un rythme très rapide. Lorsque qu’il n’y a pas de silence assez long pour inspirer, la respiration peut être reprise de deux manières en chœur : soit tout le monde inspire en même temps, comme s’il y avait une virgule, soit on organise des relais (lorsqu'il y a des longues phrases ou notes) et il ne faut alors pas respirer en même temps que son voisin. De manière générale il faut privilégier des inspirations plus fréquentes plutôt que de se crisper pour terminer une phrase. Cependant, avec l’expérience j’ai amélioré le contrôle de ma respiration ventrale ce qui me permet de vider complètement l’air de mes poumons par contraction des abdominaux et remontée du diaphragme tout en gardant le haut du corps détendu. Cela me permet d’augmenter mon volume respiratoire mais est plus fatiguant que des respirations plus fréquentes, car pour une quantité d'oxygène apportée similaire dans la durée (puisqu'on chante la même chose, le débit d'air expiré reste quasiment le même, donc le débit d'air inspiré globalement aussi), l'énergie demandée par les muscles respiratoires est plus importante (à cause de la forte contraction des abdominaux nécessaire à l'expiration totale). Cette technique m’a toutefois été utile les quelques fois où j’ai chanté en solo, car je n’avais pas de voisins pour me relayer.
Une bonne inspiration permet donc une expiration avec suffisamment d’air disponible et in fine un son contrôlé. Ceci est également vrai pour les arts martiaux. Contrôler sa respiration aide à l’exécution des mouvements.
En arts martiaux comme en musique, exécuter des mouvements/notes très lents (et piano) est très difficile car il faut parfaitement contrôler ses muscles (tout le corps en arts martiaux, principalement le diaphragme et les autres muscles respiratoires en musique) de manière fine.
Le rythme de la respiration est aussi très important : à court terme la respiration en arts martiaux me semble plus simple qu’en musique car on peut effectuer une même technique en inspirant, en retenant son souffle ou en expirant alors qu’en musique la production d’un son est (le plus souvent) possible seulement lors de l’expiration. (néanmoins certains styles musicaux utilisent aussi des sons produits en inspirant : on le retrouve dans des chants traditionnels africain ou dans le beatbox)
Cependant sur le long terme, respirer au mauvais moment est préjudiciable en arts martiaux car certains mouvements sont plus faciles à exécuter en inspirant (par exemple s’il y a une ouverture des épaules) tandis que d’autres seront plus efficaces en expirant. (On peut même plus facilement s’aider du KIAI)
Un mauvais rythme de respiration épuise plus rapidement : en combat, la vitesse et l’enchaînement des techniques, non prévisible, m’empêche de respirer correctement (à mon niveau) et je m’épuise donc beaucoup plus vite que lorsque je réalise des katas où j’ai travaillé le rythme de respiration.
Lors de différents stages et cours d’arts martiaux, j’ai pu mieux comprendre le rôle de la respiration. J’ai notamment essayé d’écouter ma respiration pendant un effort puis de la contrôler afin de la rendre plus efficace : cela peut passer par l’utilisation des différentes respirations (ventrale, thoracique, claviculaire) ou par la variation du rythme respiratoire. (allonger les cycles de respiration sera moins énergivore mais il faut pouvoir apporter suffisamment d’oxygène). Pour ma part j’ai par exemple essayé d’utiliser la respiration ventrale. La coordination avec les mouvements du reste du corps n’est pas toujours facile mais cela devient sans doute plus naturel si l’on fait des exercices ciblés. : en musique j’ai moins besoin de penser à la respiration ventrale pour l’utiliser.
3) Des exercices pratiques
En musique, les exercices de respiration pratiqués lors des répétitions permettent de mieux contrôler les muscles respiratoires.
Ils sont réalisés lors de l’échauffement ce qui permet également de chauffer ces muscles comme on le ferait avant une séance de sport. Un des exercices que je pratique consiste à utiliser les muscles abdominaux, soit pour soutenir un son, soit pour le tonifier :
Ils sont réalisés lors de l’échauffement ce qui permet également de chauffer ces muscles comme on le ferait avant une séance de sport. Un des exercices que je pratique consiste à utiliser les muscles abdominaux, soit pour soutenir un son, soit pour le tonifier :

- Le soutien : après une longue inspiration, il s’agit de produire un son le plus longtemps possible : « sssssss... », tout en abaissant les bras, l’une des mains appuyant sur l’autre. La contraction progressive de la ceinture abdominale permet de vider au maximum l’air des poumons.
- La tonicité : il s’agit de produire des sons très courts mais énergiques, sur différents rythmes et consonnes : « ch-ch-ch, ff-ff, chhhh-ch ». À chaque son, la ceinture abdominale doit se contracter et se détendre. On peut mettre une main sur le ventre pour vérifier.
- Un autre exercice consiste à se vider brusquement de son air en laissant tomber son corps vers l’avant (les genoux déverrouillés, on laisse glisser ses mains sur sa nuque jusqu'à ce que les bras tombent), puis à se relever lentement en une inspiration.
- Cela permet de travailler un rythme respiratoire que l’on a souvent moins l’habitude de faire. (surtout en chant, où l’on a souvent tendance à avoir des inspirations trop courtes)
Tous ces exercices se font dans une position avec le dos bien droit, pied à largeur d’épaule. (semblable à YOI DACHI)
Dans les arts martiaux, j’ai également pu expérimenter des exercices de respiration.
- Un premier exercice consiste à donner un coup de poing en inspirant, en essayant d’être aussi efficace que sur une expiration. On peut ainsi se rendre compte de la différence de « force » entre les muscles utilisés pour l’inspiration et ceux utilisés pour l’expiration.
- Le deuxième exercice qui vient naturellement est ensuite de donner le plus de coups de poing le plus longtemps possible. Il permet de tester différents rythmes de respiration (expiration à chaque coup, pendant deux, trois, quatre coups…, inspiration plus courte / longue que l’expiration, apnée...), et différentes manières de respirer (respiration « habituelle », avec le ventre spécifiquement…).
- Une variante plus complexe de cet exercice est d’utiliser un kata (HAPPOKEN par exemple) que l’on peut répéter sans s’arrêter, avec différents rythmes de respiration. (un cycle de respiration à chaque mouvement, tous les X mouvements voire pour le kata entier) La répétition du kata permet de vérifier qu’on ne s’essouffle pas rapidement et que le rythme respiratoire choisi est donc adapté.
CONCLUSION
À travers ma pratique des arts martiaux et de la musique, ce que je retiens principalement est que la respiration « idéale » est liée (au niveau de la ventilation) :
- à une bonne fréquence de respiration, adéquation entre dépense d’énergie (plus les cycles respiratoires sont fréquents, plus on dépense d’énergie) et capacité à renouveler l’énergie (l’apport d’oxygène sera plus facile avec une fréquence plus importante)
- à l’utilisation de chaque type de respiration, propre à chacun, mais qu’il faut optimiser pour solliciter au maximum sa capacité respiratoire. (en alliant les trois types de respiration : claviculaire, thoracique et abdominale)
À travers les efforts physiques que demandent les arts martiaux et la musique, on retrouve de nombreuses similitudes entre la respiration martiale et musicale. Cependant les objectifs de ces arts ne sont pas les mêmes : par exemple la musique exige (dans ma pratique) la création d’un son contrôlé et homogène que la respiration ventrale permet d’apporter tandis que les arts martiaux ajoutent la contrainte des mouvements qui complexifient le choix de la respiration.
Mon approche de la respiration s’est faite jusqu'à présent principalement de manière naturelle au travers d’expériences variées. L’approfondissement de mes connaissances me permettrait d’améliorer ma respiration, renforçant ainsi mes capacités dans les différents domaines qui me concernent, de la respiration de tous les jours à la respiration dans les arts de combat, le sport et la musique.
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Auteur : Olivier MARTIN
Grade Présenté : Ceinture Verte
Publication : Juin 2019
Supervision : Frédéric GARCIA
Publication : Juin 2019
Supervision : Frédéric GARCIA





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